Bien naïfs ceux qui imaginent que le terme Nationale possède un lien quelconque avec la nation. Après enquête, il semblerait que cette catégorie découle, comme les autres, de la longueur du déplacement des équipes et des supporters. Régional, tu visites la région. Local, comme les produits du coin ou division d'honneur comme "Que nous vaux l'honneur de vous voir jouer chez nous?".

Les boys U16 1, jouent en Nationale, donc... pour ne pas changer les habitudes, nous nous levons aux aurores pour prendre la route en direction de Temse. Notons au passage que les nationales de Flandre, sont fort joliment plates et bordées de zoning industriels flambants neufs, qui défilent très très lentement. Si les élevages en nids de poules, en milieu macadamisés, sont une spécialité wallonne, la spécialité flamande serait plutôt la photographie routière. Si bien que ce n'est de nouveau pas ce samedi qu'on va remporter la partie contre Waze.

Ce qui n'est pas vraiment catastrophique, l'objectif du jour, est plutôt de remporter les trois points, en battant Temse sur son propre terrain. Pour arriver les premiers au drapeau à damier, nous avons misé sur la légèreté, en alignant dix joueurs seulement.

Deux malades, deux blessés, un empêché. Quinze moins cinq, ça fait dix pour le Parc, à courir derrière les trois points. En face les Temsois, sont onze plus quatre pour s'enfuir avec les trois points. Calculez comme vous voulez, il nous manque un gars pour la partie de mille bornes.

Balle au centre. Coup de sifflet. Balle dans notre cercle. Shoot dévié et bon dieu de merde c'est déjà chaud. Les premières minutes sont assez compliquées. Ils font bruler la gomme dans notre camp et ça sent de plus en plus le cramé. Comme dirait notre gardien, ça sentait le truc répété aux essais. Ils déroulent quelques fois les mêmes séquences chronométrées qui nous font comme des tâches d'huile sous les aisselles. Le hockey, c'est poétique.

Le Parc meurt mais ne se rend pas. En fait si, nos boys rendent de plus en plus souvent visite au gardien local, très sympa et très accueillant. Nos boys le trouve cool, sans doute, et décident de ne pas le dégommer de suite. Même s'il faut bien se l'avouer, ils se conduisent très très bien à dix, nos garçons. On se prendrait bien à recompter le nombre de joueurs présents dans nos stands, parce qu'ils occupent toute la piste et que les communications radios entre les pilotes sont impeccables.

Après une belle accélération, Le Parc décide de dépasser par la droite, et d'un magnifique talon pointe, Maxime envoie la balle de hockey (je précise, parce qu'on part un peu en slide), au fond du goal. Folie dans les gradins, coup de Klaxons et sirènes... On est devant!

Le Parc reste en tête jusqu'à la rentrée aux stands. Sergeï fait rapidement le plein de conseils et d'encouragement. On passe un coup de torchon sur les caboches, on fait briller les sponsors des maillots et nous voici déjà au deuxième tour.

La seconde mi-temps démarre sur les chapeaux de roues, les deux écuries sont aux coudes à coudes. Nous assistons à des sprints incessants d'un côté à l'autre. Les plus belles tentatives sont celles du Parc qui, par trois fois, manquent d'un fifrelin l'entrée du tunnel de la gloire.

Les moteurs commencent à manquer de jus du côté du Parc, on ne fonctionne que sur dix soupapes face aux quinze chevaux d'en face. Petit à petit, on dérape un peu.

Heureusement, l'arbitre local siffle la fin du match. Explosion de joie sur le terrain, dans les tribunes les lunettes de soleil embuées par le port du masque s'envolent dans les airs...Champagne! Ici, c'est Monaco. Et vous êtes probablement soulagés de sortir de ce résumé kilométrique...

Le seul qui n'a pas l'air d'être aussi euphorique, c'est Raph, notre arbitre du Parc. Il a le nez sur le chrono et il ne semble pas satisfait par le timing. Le commissaire de piste du coin a sifflé... dix minutes trop tôt.

Ecran pub. Un week-end en Ardenne, une montre, une Ferrari... c'est en moyenne ce que nous proposons spontanément à Raph. Mais, rien n'achète le fair-play d'un arbitre du Parc.

Retour au direct. Ici, les studios pour dix minutes supplémentaires. Le Temse va être long, très long. Sergeï descend une vodka, deux, trois, quatre... Mentalement en tout cas. Il donne de la voix, impossible de revivre la course de la semaine dernière, de prendre un goal à deux minutes de la fin après avoir menés tout le match. Et ça marche!

Complètement rincés, nos braves boys sont au rupteur mais ils poussent une dernière fois vers le bout du bout du monde. Effectivement, ça semble très loin le goal adverse dans leurs états... Mais collectivement, ils remontent la balle vers Téo Albator qui se retrouve esseulé dans leur cercle...

Je le connais depuis qu'il est tout petit Téo, je sais déjà que c'est le genre de truc où il fait simple, courir - armer - shooter - goal!

Fin de la course, on gagne 0 - 2! A dix contre quinze.

Nous (les fans) sommes très fiers de vous. Merci Raph pour l'arbitrage, impeccable et intègre. Rendez-vous la semaine prochaine, au Parc.

Ma femme: tu crois vraiment que les gens vont lire jusque-là? C'est n'importe quoi, on t'a demandé un résumé, pas un livre.

Moi: ma biche, tu sais... nous sommes en Nationale. Il faut faire voyager le lecteur éventuel. Si vous êtes arrivés jusqu'ici, merci!